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Les Almoravides

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L’événement initial et fondateur du rôle des Almoravides dans l’histoire du Maghreb se produit en 1035. Yahya ibn Ibrahim est un émir du groupe des Gudala appartenant à la tribu des Sanhanja au Maghreb extrême. Il se rend au pèlerinage de La Mecque. A son retour, il fait halte à Kairouan chez un maître malikite, Abou Imran el Fasi. Yahya demande à el Fasi de lui indiquer un étudiant en théologie pour l’accompagner chez les Gudala. Les candidats au voyage ne se précipitent pas. Abou Imran désigne alors un homme originaire du Maghreb extrême, de la région où se trouve le dar el murabitun (sorte de religieux soldats issus de l’extrême sud du Maghreb, aux confins de l’Afrique sub-saharienne. Il s’agit de ‘Abd Allah ibn Yasim. Il a enseigné en Andalousie et a essayé de s’imposer sans succès dans une tribu de l’Atlas. Ibn Yasim est davantage un prédicateur et un meneur qu’un savant en théologie.
Les deux hommes arrivent chez les Gudala et tentent de s’imposer par la prédication. Les Gudala avaient déjà plusieurs guides spirituels et ibn Yasim rencontrent des difficultés au point qu’il quitte le groupe pour se rendre chez les Lamtuna où il parvient à s’imposer comme guide spirituel. En 1058 il réussit à fédérer les trois groupes appartenant à la tribu berbère des Sanhanja : Les Gudala, les Lamtuna et les Lamta. A la mort de ‘Abd Allah ibn Yasim, la tribu maîtrise un territoire s’étendant du sud du Sahara jusqu’au sud du Maroc (région de Sigilmassa). La théologie ‘acharite portée par ibn Yasim n’a pas été retenue mais les futurs Almoravides ont adopté les règles rigoureuses de l’école juridique malikite. Ils s’emparent de la ville d’Aghmat et commencent à sortir de l’espace saharien pour se diriger vers le Nord.
Abou Bakr devient le deuxième émir des Lamtuna. Il fonde Marrakech en 1070 et désigne son cousin Yusuf ibn Tashfin pour gouverner la région au nord de la ville. Abou Bakr s’installe au sud (Mauritanie et bilad as soudan ou pays des Noirs). En 1072, il décide de confier à Yusuf le pouvoir et également sa femme Zeinab, ex-épouse du chef de Sigilmassa, qui possède une fortune personnelle. En 1073, Yusuf prend le titre d’Emir des Croyants et jouit d’une large autonomie vis-à-vis du lointain califat Abbasside. Il frappe monnaie.
Quant à Abou Bakr, il se lance à la conquête du Ghana en 1076 et meurt en 1087. A partir de 1075, Yusuf entame la conquête du Maroc à partir de Marrakech. Il prend Fès puis Tlemcen. Ceuta tombe en 1083. Peu après Alger est prise. Celui qui fonde la dynastie des Almoravides contrôle à présent tout le commerce trans-saharien. Il met en place une administration et divise son territoire en quatre circonscriptions : Meknes, Fès, Sigilmassa et Tlemcen.
En Andalousie, la situation devient périlleuse. Les Taïfas résistent mal sous la poussée des royaumes chrétiens qui parviennent à s’emparer de Tolède en 1085. Malgré leurs réticences à l’égard des Berbères, certaines principautés andalouses demandent l’aide des Almoravides qui occupent à présent la rive sud du détroit de Tanger. Ils passent en Andalousie et remportent une première victoire sur les Chrétiens à Zallaqa, ce qui va leur valoir l’appui appréciable des fuqaas. Les Almoravides commencent à s’installer durablement en Andalousie et, à partir de 1090, ils s’emparent des Taïfas. Ces hommes venus de l’extrême sud du Maghreb se trouvent à présent à la tête d’une région qui connaît une civilisation urbaine cultivée et raffinée. Ils contrôlent Cordoue, Séville et Almeria. La région de Valence continue à leur résister. C’est là où se déroule le fameux épisode du « Cid ». Les Almoravides parviennent à s’emparer de Valence en 1102. Yusuf ibn Tashfin meurt en 1106.
Les deux rives du détroit sont placées sous une même autorité et l’espace ainsi maîtrisé va connaître un essor culturel remarquable. Les Almoravides récupèrent en partie la culture de l’ancien califat de Cordoue. L’art hispano-mauresque va se développer. Les Almoravides font allégeance au calife de Bagdad tout en constituant une puissante dynastie Berbère à la tête d’un Etat autonome qui frappe monnaie et anime un commerce florissant. Les gouverneurs animent des cours brillantes et raffinées. Toute une culture d’Etat s’est développée sur le modèle califal. De nombreuses mosquées sont édifiées comme celle de Tlemcen en 1136 puis celle d’Alger. L’histoire semble se répéter. Les Almoravides n’échappent pas, à leur tour, à la critique venant de groupes se réclamant d’une pratique religieuse plus rigoureuse et contestant la légitimité du pouvoir. La menace vient, cette fois, des Almohades.
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