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Le monde arabe avant l'Islam

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Les polythéismes de l'anté-Islam


L’Arabie pré-islamique était polythéiste. La notion de sacré était centrale dans les cultes rendus aux divinités. La pratique cultuelle était toutefois différente entre les peuples nomades du Hijaz et les peuples sédentaires du sud de la presqu'île arabique.


1- Au Hijaz

Notion de sacré : La notion de sacré est fondamentalement ambiguë. Le sacré est une force impersonnelle et mystérieuse qui peut être bienfaisante ou malfaisante. Haram (interdit) s'oppose à Hallal (licite). Le hallal a pour but de rendre pur l'impur. Cela signifie que dans le haram il y a de l'impur. Il y a donc des rapports de force entre haram et hallal au centre desquels on peut placer le profane qui est un lieu neutre où s'annulent les forces du pur et de l'impur.
Dans l'anté-islam, le haram est diffus et impersonnel, informe. Il y a les djinns qui sont des forces invisibles et imperceptibles dont il faut se méfier car ils sont les premiers occupants de la terre. Ils sont nombreux, surtout dans les lieux humides, nocturnes, dans les cimetières. Ils sont associés au sous-sol. Les djinns représentent un sacré primitif. Le sacré concerne le temps et l'espace :
A la Mecque, le haram (la kaaba) est un des points où le sacré est enraciné. En s'éloignant du centre sacré, l'énergie se dégrade. Il existe donc des espaces sacrés comportant des zones fastes et néfastes (YaMaNa et SaAMa), la droite et la gauche, qui s'opposent par rapport à l'angle nord-est de la kaaba. Il est vraisemblable qu'il y avait un culte solaire très ancien au lieu de la kaaba. La circumvolution des pèlerins musulmans pourrait provenir de cet ancien culte solaire.

Les enclos sacrés : Sauf en Arabie du Sud, les temples sont de simples enclos de pierre. A l'intérieur, un ou plusieurs bayt-Al (maison de la divinité) sont dressés, symbolisant la présence des puissances protectrices. Parfois les bayt-Al sont des sources ou des arbres. La Mecque est un lieu sacré important qui explique le pèlerinage anté-islamique. La pierre noire de la Kaaba était un bayt-Al.
Des rites précédés d'abblutions purificatrices se déroulaient avant l'approche du lieu sacré (changement de vêtement, coupe des cheveux…). Des offrandes (animaux ou repas rituels) étaient faites à la divinité. Le principal élément de culte était la circulation (dawar, tawaf) ou procession entrecoupée de stations. Il ne semble pas que des prières étaient prononcées à cette occasion.

Sacralité du temps : Le calendrier anté-islamique était lunaire. Le mois intercalaire de rattrapage avec les années solaires a été supprimé par le Prophète. Il y avait quatre mois sacrés au cours desquels devaient cesser les combats.

Il n'y avait pas de clergé au Hijaz, contrairement à l'Arabie du Sud. Les chefs des clans assuraient le service cultuel assistés d'un personnel spécialisé, les kahin(s).

Chaque tribu avait ses propres divinités, certaines étant communes à plusieurs tribus. Le dieu Houbal, peut-être d'origine syrienne, est associé à la triade des déesses Al Ozza, Al Lat et Manat. Il y avait d'autres dieux tels Ouzal, Al Galsal, Al Ilah et Al Rahman. Une certaine hiérarchie divine laisse supposer l'apparition d'un hénothéisme.

2- Arabie du Sud :

Les divinités avaient un caractère astral. Le panthéon s'organisait autour de la triade formée de la Lune, du Soleil et de Vénus.
Les temples étaient des édifices et leur fonctionnement était assuré par des prêtres attitrés et spécialisés.
La société Sud-Arabique était sédentaire, ce qui explique une pratique cultuelle plus élaborée qu'au Hijaz.





Les communautés Juives en Arabie pré-islamique



Des communautés juives étaient implantées depuis plusieurs siècles dans la presqu’île arabique avant l’arrivée de l’Islam. Elles étaient surtout installées au Yémen.
Selon les historiens, ces communautés étaient soit des Hébreux ayant fuit la répression romaine au IIème siècle après JC, soit des Arabes judaïsés.

Ces communautés occupaient le chapelet des oasis Nord-Sud depuis la Syrie jusqu’au Yémen. Elles étaient protégées par des clans arabes (système du hilf) mais il est possible que cette situation était inversée plusieurs siècles avant.

Les implantations juives étaient importantes au Yémen. Il est possible que des Juifs convertis à l’Islam aient fait passer des notions judaïques (récits des prophètes par exemple) dans la tradition islamique. Les communautés juives étaient puissantes et très structurées, très conscientes de leur identité. Malgré cette spécificité identitaire, les structures sociales des tribus juives étaient les mêmes que celles des Arabes.





Les Chrétiens en Arabie pré-islamique



Les chrétiens en Arabie pré-islamique étaient moins nombreux et moins bien organisés que les communautés juives. C’était des occupants plus récents qui ont pénétré dans la presqu’île vers le IIIème siècle après J-C.
Le premier groupe était celui des Abyssins qui se répartissaient entre mercenaires et esclaves au service des Arabes, notamment à La Mecque.
Le second groupe était celui des Nabatéens (‘al Ambat) originaires de Pétra. Ils étaient spécialisés dans le commerce du blé, de l’huile d’olive et du vin.
Ils étaient soumis à une taxe, la gizya, qui était un impôt par tête sur les étrangers résidents en contrepartie de la protection des Arabes de La Mecque.
Il est vraisemblable qu’il y avait également des Arabes christianisés implantés en Arabie de longue date.
La principale implantation chrétienne était Najran, aux portes du Yémen. C’était des chrétiens monophysites, donc d’origine syrienne, qui avaient leur évêque.
Le monde chrétien des premiers siècles a été secoué de plusieurs dissidences et des débats théologiques se sont élaborés puis ont pris une certaine acuité lors de la conversion de l’empereur byzantin Constantin en 313 puis en 384 lorsque le christianisme est devenu religion d’Etat sous l’empereur Théodose.
A partir de ce moment, l’amalgame s’est fait entre religion et fidélité à l’empereur de Byzance. Les schismes et les répressions se sont succédées. Les tensions sont devenues très fortes au milieu du VIème siècle sous Justinien.
La hiérarchie gréco-chrétienne s’est opposée au christianisme populaire de culture non-grecque (Araméens, Coptes…).
La première grande controverse fut celle de l’arianisme. Arius diffusa une doctrine selon laquelle si Dieu est unique et inengendré, son Verbe, c’est-à-dire son fils Christ est créé. Christ n’était donc pas de la même nature que Dieu. Le concile de Nicée condamna l’arianisme et élabora le dogme de la Trinité selon lequel Dieu, Christ et l’Esprit Saint étaient l’expression d’une seule personne divine. L’arianisme s’installa néanmoins dans les Balkans et un peu en Europe Occidentale (les Wisigoths notamment).
La deuxième grande controverse est engagée par Nestorius Patriarche de Constantinople (Byzance). Nestorius posa le principe de la séparation des natures divine et humaine du Christ. C’était à la fois une contestation du dogme de l’incarnation selon lequel Dieu s’est fait homme en la personne de Jésus Christ et du dogme de la rédemption puisque selon Nestorius seule la nature humaine du Christ était morte sur la croix.
Le concile d’Ephèse de 431 condamna Nestorius. Ses partisans se réfugièrent dans l’empire Sassanide (en particulier l’actuel Irak.)
La troisième controverse fut celle du monophysisme. Eutychès déclara qu’après la crucifixion de Jésus il ne subsistait que sa nature divine, le divin ayant alors absorbé l’humain. Le concile de Chalcédoine condamna le monophysisme et excommunia Eutychès. Le monophysisme triompha en Arménie, en Syrie, en Egypte et au Soudan. Les Arabes pré-islamiques étaient donc au contact direct des chrétiens et plus particulièrement des dissidents monophysites et nestoriens.
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