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JAHIZ



« L’adab n’est pas autre chose que l’esprit des autres que tu ajoutes au tien." Cette phrase attribuée à Jahiz illustre bien la place qu’a occupée ce grand prosateur dans ce concept culturel très spécifique de l’âge classique arabe que fut l’adab. En littérature, l’adab se caractérise d’abord par le recours à la prose dans une civilisation dominée par la poésie considérée comme la forme la plus achevée de la langue.
Ibn Qutayba, contemporain de Jahiz, assigne très clairement à l’adab la fonction d’être le miroir du sujet et du monde. C’est donc d’une littérature très globale qu’il s’agit. L’adab est avant tout une culture élitiste. Dans son livre « De la différence entre l’hostilité et l’envie », Jahiz écrit au sujet de ses ouvrages : « Ces livres sont nobles, beaux, illustres et éclipsent les autres, car, grâce aux histoires curieuses et aux récits qui incitent aux vertus et aux nobles actions, durables et mémorables… Ils sont conformes à la noblesse des Grands. »
Parmi l’œuvre de Jahiz qui comporte un célèbre traité de rhétorique, retenons « Le livre des animaux » (Hayawan) et « Le livre des avares » (Kitab al Bukhala) où se côtoient humour et érudition.
Né à Bassora vers 776, Abu Uthman Amr ibn Bahr al Jahiz meurt dans cette ville vers 868.


AL FARABI



Plus connu en Occident, au Moyen-Âge sous le nom d’Avennasar ou d’Alfarabius et également surnommé « le deuxième maître » (Aristote étant le premier), Ibn Awzalag al Farabi voit le jour en 872 en Transoxiane. Al Farabi est turc de langue arabe. Très jeune il accompagne son père à Bagdad où il étudie la logique auprès du philosophe aristotélicien chrétien Abu Bishr Matta ibn Yunus. Il rencontre également à Harran le nestorien Yuhanna ibn Khaylan, philosophe de l’école d’Alexandrie. Toujours à Bagdad, il semble qu’Al Farabi a étudié la grammaire, les mathématiques, la musique et la philosophie. Après un voyage en Egypte, il se fixe à Damas en 942 à la cour de Sayf ad Dawla. Comme son protecteur, Al Farabi est vraisemblablement shi’ite. Séduit par la pensée d’Aristote, Al Farabi demeure néanmoins un néo-platonicien. Outre des commentaires sur Aristote, il écrit, entre autres œuvres, « Le recensement des sciences, Synthèse des opinions des deux sages » (Aristote et Platon), « De l’intellect », « Sur la métaphysique d’Aristote », « De l’Un et de l’unité », « Des opinions des habitants de la Cité vertueuse », « La politique » et « De l’obtention du bonheur ».
Il meurt à l’âge de quatre-vingts ans en 942 après avoir accompagné Sayf ad Dawla dans une expédition.


IBN SINA



‘Abd Allah Ibn Sina (Avicenne) est né en août 980 à Afchana près de Boukhara en Transoxiane.
Son oeuvre, comme le sera un peu plus tard celle d’Ibn Rushd, fait de lui un passeur de la pensée d’Aristote dans la culture occidentale. Philosophe et médecin, il est l’auteur du « Canon de la médecine » et du « Kitab al Chifa » (Le livre de la guérison).
Son père et son frère sont adeptes de l’ismaélisme dont les principaux penseurs élaborent un impressionnant corpus d’œuvres exprimant en arabe et en persan la philosophie et la théosophie de cette branche dissidente du shi’isme. Malgré cette proximité avec la pensée du shi’isme septimain, Ibn Sina ne rallie pas la confrérie. La question de son éventuel ralliement au shi’isme duodécimain reste posée. Ce que l’on connaît de lui tient notamment à son autobiographie complétée après sa mort par le récit de son fidèle disciple Juzjani.
A dix sept ans, le jeune Ibn Sina est déjà érudit. Il maîtrise les mathématiques, la physique, la logique, la métaphysique et le droit religieux. Il semble éprouver quelques difficultés, toutefois, à s’approprier la « Métaphysique » d’Aristote qu’il doit relire un grand nombre de fois avant qu’un traité d’Al Farabi ne lui en donne la compréhension. Le prince samanide Nub Ibn Mansur n’hésite pas à confier sa guérison au jeune homme formé par le médecin chrétien ‘Issa Ibn Yahya. Le succès d’Ibn Sina lui ouvre les portes de la bibliothèque princière.
Comme beaucoup de lettrés de cette époque, il s’engage dans une vie itinérante. Il donne des cours publics à Gorgan, près de la mer Caspienne et commence à rédiger le « Kanûn » (Canon de la médecine). Cet ouvrage sera traduit en latin et servira de référence durant plusieurs siècles en Occident.
Ibn Sina prend la direction de l’ouest. Il passe à Rayy puis arrive à Hamadan où l’émir Shamsoddawleh le nomme chef de file des philosophes de la cour. Il partage son temps entre politique et sciences. A la mort de son protecteur, il doit fuir et se réfugie à Ispahan où règne l’émir bouyide ‘Alaoddawleh. C’est au cours d’une expédition contre Hamadan qu’Ibn Sina est victime d’une grave affection intestinale. Il se soigne lui-même mais peut-être trop énergiquement… Il meurt en août 1037 (Ramadan de l’an 428 de l’Hégire). Il a cinquante sept ans.


AL GHAZALI


Né en 1058, Muhammad al Tusi ibn al Ghazali demeure dans l’histoire comme un grand théologien de l’islam.
Il fut connu en Occident sous le nom d’Algazel. Plusieurs penseurs du Moyen-Âge occidental reprirent ses idées dans leurs écrits.
Il est né à Tus à l'est de l’Iran. Il suit des études à Nishapur où il est remarqué par un grand théologien de l’école ash’arite, l’imam al Haramayn. Les ash’arites incarnent à cette époque « l’orthodoxie » sunnite portée par les Turcs Seljukides opposés aux divers groupes shi’ites.
En 1091, Nizan al Mulk nomme al Ghazali directeur de l’université Nizaniyya fondée à Bagdad.
En qualité de juriste, il est shafi’iste. Il expose son point de vue dans « Qistas al mustaqim » (La balance juste) où il articule la raison créée par Dieu et la matière qu’elle doit traiter selon les normes que Dieu demande d’observer.
Ainsi, le théologien s’en prend vigoureusement au taqlid, l’imitation aveugle des maîtres et critique les théologiens spéculatifs du Kalam (mutakallimun) ainsi que les tenants de la falsafa qui, à des degrés divers, veulent faire de la raison en soi un critère de la vérité en soi alors qu’elle n’est à ses yeux qu’un moyen. Selon al Ghazali, l’espoir de salut fondé en certitude ne peut venir que de l’expérience intuitive qu’est la connaissance mystique. Il est l’auteur du « Juste milieu dans la croyance » où il exprime la théologie ash’arite cherchant le juste point entre l’interprétation littérale des Hanbalites et l’exégèse rationnelle des Mu’tazilites.
Son principal ouvrage est « Vivification des sciences de la foi » (Ihya’ ‘ulum al din). Pour une raison dont il s’explique dans son livre « Erreur et délivrance », al Ghazali quitte Bagdad et se rend en Syrie, à La Mecque, puis à Jérusalem. Il explique son cheminement intellectuel et spirituel qui le conduit à rechercher la certitude par le doute. Il est alors âgé d’une cinquantaine d’années.
En 1092 le prince Malik Shah meurt. Son empire est partagé entre son frère et ses fils. Les discordes annoncent le déclin. Nizan al Mulk est assassiné par la secte des Ismaéliens radicaux d’Alamut. Certains auteurs attribuent la retraite d’al Ghazali autant à sa démarche spirituelle qu’aux menaces qui pèsent sur Bagdad. Il reprend son enseignement en 1105 à Nishapur au moment où la situation politique connaît une relative accalmie sous le règne de Muhammad, un des fils de Malik Shah. Al Ghazali ne tarde pas à se retirer définitivement. Il meurt à Nishapur en 1111.


IBN RUSHD



Ibn Rushd, plus connu en Occident sous le nom d’Averroès est né à Cordoue en 1126 (520 de l’Hégire). Il étudie le droit musulman (fiqh) puis s’intéresse à la philosophie et à la médecine. Les Almohades succèdent aux Almoravides. Le jeune homme est introduit auprès du souverain Abu Ya’qub Yusuf. On connaît assez peu de détails sur sa vie. En 1169 il est cadi à Séville. C’est là, dans son ouvrage « Paraphrase des Météorologiques » qu’il mentionne le tremblement de terre de Cordoue en 1170.
Au début de 1174, Ibn Rushd achève ses « Commentaires moyens sur la Rhétorique et la Métaphysique ». Après une grave maladie, il se remet au travail et achève, en 1178, « De subtantia orbis » alors qu’il se trouve au Maroc. Il rédige plusieurs autres ouvrages tels que « Fast al Maqal » (Traité décisif), « Kashf al Manahidj » (Dévoilement des méthodes) et « Tahafut al Tahafut » (Destruction de la destruction ou Ecroulement de l’écroulement). Après 1180, il rédige les commentaires sur la « Métaphysique ». A partir de 1182, le souverain en fait son médecin personnel en remplacement d’Ibn Tufayl et le nomme cadi de Cordoue. En 1184, Ya’qub al Mansur succède à son père Yusuf. Ibn Rushd commence à faire l’objet de soupçons concernant sa pratique religieuse. Il tombe en disgrâce en 1195 et il est assigné à résidence à Lucena près de Cordoue. La mesure de son bannissement est ensuite levée et il peut se rendre à Marrakech. Il meurt en 1198 sans avoir pu revoir l’Espagne.
Il laisse une œuvre considérable touchant à tous les domaines de la science et de la culture de l’époque : Physique, métaphysique, philosophie, religion, médecine, éthique et politique.


SOHRAWARDI



Suspecté de propager la théosophie ismaélienne en Syrie, Soharwardi est arrêté sur l’ordre de Salah al Din (Saladin) et exécuté en la citadelle d’Alep le 5 Rajab 587 de l’Hégire (29 juillet 1191).
Né trente six ans plus tôt à Sohraward au nord-ouest de l’Iran, ce philosophe pratiquant le soufisme et inspiré par l’œuvre de Platon et d’Aristote est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages dont « Le livre de la sagesse » est considéré comme le chef-d’œuvre. La pensée de Sohrawardi s’inscrit dans la tradition initiée par Al Farabi et Ibn Sina. Il a été démontré tardivement que sa pensée a influencé l’œuvre de Rabbi David Maïmonide, chef de la communauté juive d’Egypte au XIVème siècle.
Alors que l’œuvre de Sohrawardi a occupé une place significative dans le monde arabe, il est remarquable qu’elle ne soit connue de l’Occident que depuis une période récente.


IBN BATTOUTA



Abu Abd Allah ibn Battouta est né à Tanger en 1304.
Géographe réputé, il est l’auteur de la « Rihla », carnet de voyage d’un grand intérêt historique compte-tenu des descriptions détaillées qu’il rapporta de ses voyages au Moyen-Orient, au Yémen, au Caucase, à Constantinople, en Afrique, en Chine, en Perse et en Inde.
Il décède à Fès vers 1377.




Abu Abd Allah ibn Battouta was born in Tangier in 1304.
Geographer, he is the author of the "Rihla", an interesting notebook about of his journey to the Middle East, Yemen, Caucasus, Constantinople, Africa, China, Persia and India.
He dies in Fes ( Marocco) about 1377.



IBN KHALDÛN



Khaldûn, ancêtre éponyme des Banû Khaldûn s’installe à Carmona (Espagne) au VIIIème siècle avec une garnison yéménite. Plus tard, ses descendants s’établissent à Séville.
Au XIIIème siècle, sous la pression de la reconquête chrétienne, les Banû Khaldûn émigrent à Sebta (Ceuta) puis à Tunis. Abû Bakr Muhammad Ibn Khaldûn, grand-père de l’historien, occupe la fonction de ministre des finances sous le règne du souverain Hafside Abû Ishâq.
‘Abd ar-Rahmân Ibn Khaldûn voit le jour à Tunis le 27 mai 1332. Son grand-père décède quatre plus tard.
En 1348 et 1349, l’épidémie de peste ravage Tunis. Les parents du futur historien meurent. En 1352, Ibn Khaldûn, chancelier du sultan Hafside quitte Tunis et prend la direction de Fès afin de retrouver un certain nombre de ses maîtres. Il rencontre le sultan Mérinide Abû ‘Inân à Tlemcen qui l’invite à la cour de Fès. Ibn Khaldûn accepte, non sans réticences, l’emploi de secrétaire à la cour en 1355. Le 10 février 1357, il est suspecté de complot et emprisonné sur ordre d’Abû ‘Inân. C’est la mort de ce dernier à la fin de 1358 que Ibn Khaldûn est libéré. L’année suivante il est nommé secrétaire personnel du nouveau sultan Abû Sâlim. Celui-ci décède en septembre 1361. Ibn Khaldûn se brouille avec le vizir ‘Amar Ibn ‘Abd Allah et quitte la cour de Fès. Il est reçu à Grenade par le sultan Muhammad V et le vizir Ibn al Khatib. Le sultan le charge d’une ambassade auprès du roi de Castille, Pierre le Cruel, en 1363.
En 1365, il quitte la cour de Grenade et se rend à Bijâya où l’émir Abû ‘Abd Allah le nomme chambellan. Quelque temps après la mort du prince, Ibn Khaldûn préfère quitter Bijâya où il ne se sent pas en sécurité et se rend à Biskra après s’être réfugié un temps chez les Dawâwida.
En 1370, il rencontre le souverain ‘abd el wahide de Tlemcen Abû Hammû qui lui permet de se rendre en Andalousie. Tlemcen est sous la menace des Mérinides qui s’emparent d’Ibn Khaldûn avant de le relâcher rapidement. Il passe alors au service du sultan Mérinide ‘Abd al ‘Aziz qui meurt en 1372. Ibn Khaldûn se rend alors à Fès où il réside pendant deux ans, se consacrant à l’enseignement. Il rejoint l’Andalousie mais doit quitter Grenade en 1375 sous la pression de la cour mérinide. Il est assigné à résidence à Hunayn et finit par se retirer avec sa famille à Qal’at Ibn Salâma, près de Frenda dans le pays des Banû Tûjîn. C’est là, entre le printemps 1375 et l’automne 1378, qu’il rédige la Muqaddima (Introduction ou Prolégomènes) ainsi qu’une partie du Kitab al ‘Ibar (Le Livre des Exemples).
A la fin de 1378, il retourne à Tunis, sa ville natale, dont il fuit les intrigues de la cour en 1382. Il se rend alors en pèlerinage à La Mecque et quitte définitivement le Maghreb. Il débarque à Alexandrie et part pour le Caire où il s’installe et enseigne à la mosquée Al Azhar. En mai 1384, il est nommé professeur à la medersa al Qamhiyya par le sultan az Zâhir Barqûq. Il accède à la fonction de grand cadi malikite du Caire en août de la même année. Il apprend le naufrage du navire amenant en Egypte sa femme et ses enfants. En juin 1385, il démissionne de sa fonction de cadi. Le 29 septembre 1387, il se rend à La Mecque d’où il revient sept mois plus tard.
En janvier 1388, il occupe la chaire de Hadith à la medersa Salghatmish. Il traverse ensuite une période politiquement troublée entre le printemps 1389 et l’hiver 1390. Il est nommé à nouveau cadi malikite du Caire le 21 mai 1399.
En mars 1400, il se rend en Syrie et Palestine aux côtés du jeune sultan Faraj. Le 7 septembre, Ibn Khaldûn est révoqué de la charge de cadi et le 5 octobre il part avec le sultan pour Damas. Il s’y installe. A cette époque la région est sous la menace du Mongol Timur Lang (Tamerlan). Ibn Khaldûn le rencontre le 10 janvier 1401 à l’occasion d’une réunion de négociation avec le conquérant. Celui-ci assiège Damas le 14 janvier 1401. La ville tombe vingt jours après. La citadelle cède le 25 février. Le lendemain, Ibn Khaldûn rencontre une seconde et dernière fois Tamerlan puis quitte Damas pour Le Caire. Tamerlan incendie Damas et la mosquée des Omeyyades avant de lever le camp le 17 mars.
En avril, Ibn Khaldûn est nommé cadi pour la troisième fois mais il est révoqué en mars 1402 avant d’être de nouveau nommé puis révoqué. Sa sixième nomination intervient en février 1406. Il meurt au Caire le 17 mars. Son corps repose au cimetière des soufis.



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