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La prophétie en Islam

La notion musulmane de prophétie décrit le tanzil, c’est à dire l’intervention, la « descente » de Dieu parmi le temps des hommes( les fissures du temps selon Gardet). Il y a nécessité par intermitence d’un rappel de la Vérité (le dhikr) dévoilée aux origines et qui a été oubliée ou détournée.
La révélation coranique renouvelle le pacte d’origine ( l’alliance ), le mitaq.
La fitra est la trace au sein de tout homme, conscient ou non, du mitaq. Le dhikr a donc pour vocation de réactiver la fitra.
L’islam inscrit sa révélation dans la suite des révélations précédentes et donc des prophètes précédents (sourate 2, V 135). Parmi ces prophètes, trois sont « doués de constance » : Abraham (Ibrahim), Moïse (Moussa) et Jésus (‘Issa).
Ibrahim donne son nom à la sourate 14. Il est le briseur des idoles et Dieu l’a sauvé de l’épreuve du feu auquel sa tribu l’avait soumis.
En 630, en brisant les idoles de la Mecque, Mohammad a renouvelé le geste d’Ibrahim.
Ibrahim a offert son propre fils à Dieu car il a cru au message divin reçu en rève. C’est la mise à l’épreuve de sa foi.
Le sacrifice qui donne lieu à la fête du hajj rappelle le geste d’Ibrahim.
Selon le Coran Ibrahim et Ismaël ont reconstruit la Ka’aba construite, selon la tradition, par Seth après le déluge. Il y a donc un lien entre l’Histoire et le Coran. Selon la sourate 3, Verset 67, Ibrahim « ne fut ni Juif ni Chrétien mais hanif muslim ».
Un hanif serait un adepte originel de la « vraie » religion d’avant le judaïsme et le christianisme. Ibrahim est le père des croyants monothéistes et donc modèle de la foi.
L’islam est, en conséquence, une religion abrahamique. En outre, il y a filiation généalogique entre les Arabes et Ismaël. Second prophète, Moussa est appelé Kalim Allah, celui a qui Dieu s’est adressé.
Quant à ‘Issa, il est Kalimat Allah, le Verbe de Dieu… Mais pas le fils de Dieu selon les Chrétiens. Selon le Coran, ‘Issa n’est pas mort sur la croix. Un sosie l’aurait remplacé.
Selon la Sourate 61, Verset 6, ‘Issa annonce la venue de Mohammad. ‘Issa reviendra à la fin des temps. Mohammad est le sceau des prophètes, c’est-à-dire celui qui ferme le cycle de la prophétie. Il est le dernier prophète.
Mohammad est désigné comme prophète ummi (sourate 7, verset 157). Il existe plusieurs sens au mot « ummi ».
Cela signifie au sens littéral « analphabète » mais d'après les sources musulmanes, Mohammad savait lire et écrire. Il convient alors d’envisager un autre sens : Ummi qualifierait le prophète des peuples qui ignorent l’Ecriture, c’est-à-dire la révélation de la Vérité, de la Loi (cf Blachère). Jacques Berque propose une autre signification : Ingénu, en état d’enfance… L’innocence de celui qui vient de naître. Autrement dit, Mohammad n’est rien sans la Parole qu’il porte. Déclaré « impeccable », sans péché, le prophète serait un support neutre de la Parole.



Le thème de la création dans le Coran

Le thème de la création fait d’un contenu dispersé dans le Coran. Parmi les attributs d’Allah relatifs à la création, le plus courant est « hâliq » mais il n’est pas le seul utilisé. Dieu est aussi « al Mubdi’ » (Celui qui initie), « al Bâri’ » (Celui qui crée sans modèle), « al Mussawir » (Celui qui donne forme à la création, Celui qui façonne), « al Mu’id » (Celui qui renouvelle par référence à la seconde création de l’homme c’est-à-dire la résurection).
Fondamentalement, la création est tout entière au service de l’homme et elle se fait par la parole.
La création a posé toute une série de question, à commencer par celles relatives au temps. Combien de temps Dieu a-t-il mis pour créer ? La sourate 7 indique 6 jours mais la sourate 44 en additionne 8 en indiquant l’ordre de la création. On s’est donc interroger sur le sens à donner au mot « yaûm » (jour). S’agit-il d’une séquence de temps ou de 24 heures ?
Autre question : Dans quel ordre la création a-t-elle été réalisée ? Le ciel ou la terre d’abord ? (sourates 44 et 79).
Dieu s’est-il reposé après la création ? (sourate 2) mais cette idée de repos, si elle devait être retenue serait un anthropomorphisme…
La création de l’homme est, elle aussi, problématique. A quel moment du processus créateur, l’homme apparaît-il ? Le consensus s’est fait sur l’idée que la création de l’homme a été l’étape ultime.
A partir de quelle(s) matière(s) l’homme a-t-il été créé ? Selon le Coran, il a été créé à partir de l’eau et de l’argile mais il est aussi question d’une adhérence, d’une goutte de sperme… Ce qui laisserait supposer que le Coran a révélé des connaissances scientifiques relatives à la procréation humaine.
Quant à la femme, le Coran nous renvoie au processus de l’Ancien Testament concernant la chute d’Adam (sourates 2 et 7). Eve n’est pas nommée par le Coran mais par la tradition. L’arbre (de la connaissance ou de l’immortalité ?) n’est pas nommé par Dieu mais par Iblis (Lucifer) dont on ne sait pas précisément s’il est un ange ou un djinn. Contrairement à la tradition judéo-chrétienne, le Coran stipule que la tentation n’est pas le fait exclusif d’Eve mais qu’elle est partagée entre l’homme et la femme. Le péché originel n’existe pas car Dieu a, à la fois, condamné et pardonné.


Le Prophète Mohammed, les premières années de l'Islam

Les sources historiques de référence sont au nombre de trois :
Le Coran
Les sira (biographies)
Les hadiths (les dits du Prophète).
Le Coran est la révélation divine. Selon la tradition, il a été mis par écrit environ 25 ans après la mort de Mohammed.
La première sira date du 1er siècle après la mort du Prophète. Elle a été écrite par Ibn Ishaq et la suivante est l’œuvre de Ibn Hisham, vers le 8ème siècle de l’ère chrétienne. Cette seconde sira survient au moment de l’avènement des Abbassides et concourt à la légitimité de cette dynastie.
Les hadiths sont d’abord transmis oralement. L’ensemble des hadiths constitue la Sunna. Les premiers écrits datent du 9ème siècle (ère chrétienne). Le premier recueil est le « Sahih » de Bukhari. Ces écrits valorisent la figure du Prophète en le présentant comme un modèle idéal de comportement.
Mohammed est originaire par son père de la tribu arabe des Quraïsh. Cette tribu, conduite par Qusay, s’est installée à La Mecque au cours du 5ème siècle avant JC. Qusay est le père de Abd el Manaf.
Le père de Mohammed est Abd Allah, fils de Abd al Muttalib qui occupait la fonction de Siqaya, consistant à gérer le puits sacré de Zem Zem et à approvisionner les pèlerins qui venaient honorer une divinité païenne. Abbas, dont la descendance sera revendiquée par les Abbassides, est le demi-frère de Abd Allah, donc l’oncle de Mohammed.
Le père du futur prophète meurt au cours d’un voyage d’affaires à Médine laissant sa jeune épouse enceinte de Mohammed. Amina, est issue de la tribu des Hazraj, de la région de Yathrib (qui deviendra, plus tard, Médine). Le jeune Mohammed est confié, conformément à la coutume, à une nourrisse d’un clan nomade, Halima. L’enfant perd sa mère à l’âge de six ans. C’est son grand-père, alors âgé de quatre-vingts ans qui le recueille mais il décède deux ans plus tard. C’est un de ses oncles Abd Manaf dit Abu Talib, qui prend soin de lui. Abu Talib est le père de ‘Ali.
Le jeune Mohammed accompagne son oncle lors de voyages commerciaux en Syrie. Plus tard, il entre au service de Khadija, une veuve qui dirige une importante entreprise caravanière.
Bien que plus âgée que lui d’une quinzaine d’années, elle devient son épouse. Le couple a sept enfants : Trois garçons qui meurent en bas âge et quatre filles dont Fatima qui épousera ‘Ali, le jeune cousin de Mohammed que celui-ci a adopté au moment où les affaires d’Abou Talib périclitaient.
Khadija appartient au clan des Asad, situé à un rang élevé de la société mecquoise. Un autre clan puissant est celui des Abd Chams dont seront issus les Omeyyades.
A cette époque, existe un mouvement de pensée non organisé, le Hanif, dont les membres pratiquent le recueillement temporaire dans la solitude du désert environnant. Il est vraisemblable que ce mouvement suggère que l’idée d’un Dieu unique commence à émerger dans certaines consciences. Les historiens désignent ce phénomène par le terme de « hénothéisme » qui suppose l’existence d’un dieu dominant mais non encore unique.
Mohammed participe au Hanif et prend l’habitude de se recueillir au mont Hira tout proche.
Il est également vraisemblable que l’annonce de l’arrivée d’un prophète parmi les Arabes commence à circuler. Un cousin de Khadija, Waraqa ben Nawal, bon connaisseur des écritures (Les Arabes côtoient Juifs et Chrétiens au cours de leurs voyages commerciaux) aurait déclaré que Mohammed était le prophète annoncé. En 610, ce dernier déclare avoir reçu une première révélation, au cours d’une nuit de recueillement à Hira. Khadija, Waraqa ben Nawal, ‘Ali et Zaïd, un esclave affranchi, sont parmi les premiers à en être informés. Les révélations s’interrompent puis reprennent vers 613. C’est à ce moment que Mohammed commence sa prédication publique. Les premiers convertis sont des gens situés au bas de l’échelle sociale, ce qui laisse prévoir une tension à venir avec l’oligarchie mecquoise qui tire de substantielles ressources des pèlerinages païens (Les Arabes adoraient, notamment, trois divinités filles de Allah : Al Lat, Uzza et Manat). Mohammed apparaît progressivement comme un fauteur de troubles. Uthman, du clan des Abd Chams, se convertit et, de plus, Mohammed bénéficie de la protection de son clan grâce à Abu Talib. Cette protection est fragile. Abu Talib meurt en 619 ainsi que Khadija. C’est l’année du deuil. Le nouveau chef de clan, Abu Lahab retire sa protection au Prophète qui doit chercher l’appui d’un autre clan. Sa situation à La Mecque est menacée. Il prend contact avec six membres du clan auquel appartenait sa mère. Les six hommes se convertissent. En 621, une seconde délégation de Yathrib passe avec Mohammed un serment de fidélité (bay’a). C’est le serment d’Aqaba ou bay’a el nissa (serment des femmes). Un second serment est prononcé en 622, le serment de la guerre (bay’a el herb). Il est reconnu comme chef. Ce serment proclame que les habitants de Yathrib accueilleront les musulmans de La Mecque, que Mohammed est le Prophète et le chef. Ce pacte est à l’origine de la migration vers Yathrib (Médine). C’est l’Hégire (Hijra). Les habitants de Médine ont besoin d’un arbitre (Hakam) pour régler un conflit interne. La désignation de Mohammed s’impose naturellement. Les compagnons du Prophète qui quittent La Mecque pour le suivre à Médine sont appelés les Muhajirun (les émigrés). Quant aux Médinois, ce sont les Ansars (les alliés). L’Hégire a lieu entre juin et septembre 622. Là où la chamelle de Mohammed se met à genoux est édifiée la première mosquée. Elle est située au sud de l’oasis de Médine.
Mohammed épouse plusieurs femmes dont la très jeune Aïcha qui sera, selon la tradition, son épouse préférée. La rivalité qui opposera, plus tard, Aïcha à Fatima aura des conséquences considérables sur l’évolution de la nouvelle communauté qui se constitue alors autour du Prophète, la Oumma. Celle-ci comprend dans un premier temps des musulmans et les juifs de Yathrib. La Oumma ne deviendra la communauté des croyants que plus tard. Les proches compagnons de Mohammed sont les Mu’minun, les fidèles.
Les tensions entre La Mecque et Médine s’accroissent. Des accrochages se produisent. Il y a un mort à Nahla. A Badr, en mars 624, les musulmans sont vainqueurs des Mecquois mais un an plus tard, ces derniers prennent leur revanche à Huhud. Cette défaite fait naître un doute au sein de la Oumma. Les détracteurs du Prophète apparaissent au grand jour. Ce sont les hypocrites (Munafiqun).
Les musulmans reprennent confiance après la victoire « du fossé » en mars 627. La Oumma reste un groupe hétérogène. Pendant un temps, Muhammad veut rallier à lui les juifs mais il échoue. Ces derniers seront expulsés.
D’autres batailles ont lieu : Hunayn et Al Ta’if en 630.
On ne dispose d’aucune information précise concernant les deux dernières années de la vie de Mohammed qui meurt à Médine en 632 sans désigner de successeur.
La révélation divine se compose de deux périodes : Les versets reçus à La Mecque puis ceux, plus nombreux et davantage à contenu légiférant, reçus à Médine. Les paroles divines recueillies des lèvres de Mohammed sont apprises par cœur et récitées. Elles sont également inscrites sur toutes sortes de supports, bois, os… L’ensemble des versets fera l’objet de la recension coranique quelques années plus tard.



La recension coranique

La mise par écrit du Coran, la vulgate ou recension coranique s’est opérée en plusieurs étapes.
La parole divine est révélée au Prophète au sein d’une civilisation où la tradition orale l’emporte sur la culture écrite*, ce qui a probablement constitué la difficulté majeure pour la transcription écrite.
Traditionnellement tout récit était transmis oralement et, en outre, la transcription par une main humaine de la parole de Dieu apparaissait naturellement comme problématique. Toutefois, la révélation est conservée à la fois oralement et sous forme d’écrits fragmentaires, surtout à Médine. Il s’agit, semble-t-il, d’initiatives individuelles de la part de certains compagnons de Mohammed. Parmi eux, Zayd et Obay ibn Ka’ab.
La mort de plusieurs compagnons du Prophète au cours de la Ridda a conduit Omar, entre 632 et 633, à conseiller à Abou Bakr de faire réaliser une première recension mais dont aucune trace n’a été conservée. Cette première recension n’avait pas valeur de texte de référence, c’est-à-dire de vulgate. D’autres recensions individuelles circulent à la même époque dont une attribuée à ‘Ali et une de Abd Allah ibn Mas’ud qui fera admettre sa version, plus tard, à Kufa.
C’est Othman, en 653, qui décide la réalisation d’une recension « officielle ». Il constitue une commission de douze membres chargée d’établir la vulgate. Le pays est parcouru par les membres de cette commission qui recueillent les fragments écrits ainsi que les textes récités. La compilation de ces documents place la commission devant la nécessité d’opérer un tri et un arbitrage d’autant qu’elle est confrontée à la complexité de la langue arabe qui a une graphie défective comme toutes les langues sémitiques. Elle ne comporte que des consonnes non vocalisées. A cette époque, les signes diacritiques (indiquant la vocalisation « i », « waw » et « a ») sont absents. Cette situation pose le problème de la signification des mots et des phrases d’où le risque évident d’interprétations erronées. La recension coranique entraîne donc la création de la grammaire arabe afin de définir les règles d’usage de la langue. En outre, qui dit « choix » dit exclusion de certains documents, voire de certaines versions. La recension retenue soulève, d’évidence, des contestations immédiates ou différées. Par exemple, dès avant la fitna de 656 les Alides reprochent à Othman et à sa commission d’avoir volontairement écarté des versets concernant ‘Ali. En outre, l’élaboration d’une vulgate remet en question le rôle des porteurs de Coran (les Hafizun) qui transmettaient oralement la parole révélée. Le débat n’épargne pas les nouveaux professionnels de la récitation coranique, les qurra, qui sont issus de différentes écoles qui ont chacune leur lecture du Coran. Finalement, c’est une des trois lectures de Kufa qui s’impose et c’est elle qui servira de base pour la première impression du Coran en 1923.
Les enjeux autour de la recension sont donc à la fois religieux et politiques dans la mesure où pouvoir et légitimité sont intimement liés au Coran.
Nonobstant le choix pour une des lectures de Kufa, un compromis intervient en 934 permettant la coexistence de sept versions de récitation (qira a). Le chiffre sept est symbolique. Selon la tradition, le Prophète aurait reçu la révélation en sept ahruf (qui peut signifier dialectes ou modalités de récits ou variantes de récitation). Il n’en demeure pas moins que ce compromis ne fait pas cesser le débat.
De quoi se compose la vulgate ?
La vulgate (mushaf) comprend 114 sourates qui regroupent les versets (dont le nom arabe : aya, veut dire « signe divin »), éléments fondateurs du texte révélé.
Dès l’origine, les musulmans ont engagé un savant processus de commentaires (Tafsir) et d’interprétation (Ta’wil) du texte révélé et notamment sur le sens de sa dénomination, son inimitabilité et sa nature. L’élaboration de la vulgate enrichit ce questionnement et des débats vont s’ouvrir autour d’autres questions fondamentales : En quelle langue précise le Coran a-t-il été révélé à Mohammed (il existait alors plusieurs dialectes dans la péninsule arabique) ? Le Coran est-il créé ou incréé ?
Des groupes de pensée et de pression vont se constituer autour de ces débats dont les conclusions auront des conséquences non négligeables sur la théologie (cf. Les dogmes, le Kalam, L'école mu'tazilite et l'Ach'arisme), l'élaboration du droit musulman (fiqh) et la légitimité califale (question du rapport entre la foi et les oeuvres).


*Ecriture arabe

*Othman

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