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Le califat fatimide d'Egypte

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La dynastie Fatimide est originaire d’Ifriqyya (Tunisie actuelle) et se réclame d’un courant extrême du chiisme, l’ismaélisme.
A la mort de Jafar al Sadiq en 765, le courant chiite se sépare en deux. Le fils aîné, Ismaël, est mort avant son père alors qu’il en était l’héritier spirituel. La rumeur qu’il n’est pas mort mais simplement occulté commence à courir. Un imam occulté est, selon la tradition, un Mahdi (celui dont on attend le retour). Les tenants de cette option vont devenir les chiites septimains (par référence au septième imam occulté) ou Ismaéliens. Les partisans de l’autre fils, Musa Qazam, réfutent l’occultation. Ils sont majoritaires. On les qualifiera, plus tard de chiites duodécimains (référence faite au douzième imam).
Un siècle après la mort d’Ismaël, apparaît Muhammad qui prétend être son fils et avoir vécu caché. A partir de ce moment il prend la tête des Ismaéliens. En 899, à Salamyya en Syrie, Obayd Allah se présente comme étant le petit-fils de Muhammad et prétend à la direction du mouvement. Une scission survient. Les Fatimides (référence à Fatima dont ils prétendent être les descendants) reconnaissent Obayd Allah mais d’autres le rejettent. Ce sont les Qarmates, qui envoient secrètement à travers le monde musulman des prédicateurs qui se cachent (les du’at). Ils sont très efficaces, en particulier dans les villes.
Pendant ce temps, les Fatimides ne restent pas inactifs. Obayd Allah se réfugie en Ifriqyya. Il est arrêté sur ordre du gouverneur local dépendant de la dynastie régnante, les Aghlabides. Obayd ne reste pas longtemps en prison. Il est libéré de force par un émissaire fatimide venu du Yémen, qui a sympathisé avec des berbères Kutama rencontrés au pèlerinage de La Mecque.
Dès lors, les événements se précipitent. En 910, les Aghlabides sont renversés. Obayd se proclame Emir des croyants et Mahdi. Il règne sur l’Ifriqyya jusqu’en 934. Son fils Al Qalim lui succède et règne jusqu’en 945 dans sa capitale, Qayrouan. Le pouvoir stabilise la région. Les Kutamas sont sédentarisés et appuient les Fatimides.
A peu près à la même époque est proclamé le califat de Cordoue en Andalousie.
Les Fatimides ne cachent pas leur intention de conquérir Bagdad tenue par les Abbassides. La conquête de l’Egypte est une étape nécessaire pour la réalisation de ce projet. Plusieurs tentatives ont lieu. En 919 Alexandrie est prise. La victoire décisive se produira en 969. Les Fatimides sauront se rallier les populations du delta du Nil en fournissant des vivres alors que l’Egypte traversera une grave crise économique.
A la veille de l’assaut Fatimide, l’Egypte est dirigée par un gouverneur d’origine turque (un Irchidide). A sa mort, Kafur prend les rênes du pouvoir. C’est un affranchi éthiopien. Il assume la responsabilité du pouvoir en attendant que le fils du gouverneur défunt puisse gouverner. Kafur meurt en 968. La situation politique de l’Egypte devient instable. Un régent, gouverneur de Syrie et Palestine, est nommé pour assurer l’intérim du pouvoir mais les troubles en Syrie l’empêchent de prendre ses nouvelles fonctions. L’Egypte est en proie à la rivalité des factions, en particulier entre l’armée Irchidide et Nubienne d’une part et des civils conduits par Ibn el Furat, ancien Vizir de Kafur, d’autre part. Les Fatimides profitent du chaos ambiant pour infiltrer des espions et des agitateurs à Fustat, la capitale égyptienne fondée lors de la conquête arabe. Des pamphlets anti-Abbassides commencent à circuler. Le pouvoir de Bagdad est déclaré illégitime en faisant référence à l’éviction des partisans de ‘Ali (les Alides) par les Abbassides. L’ancêtre des Abbassides, Abbas, est même mis en cause. Les agitateurs pointent du doigt la corruption de la cour de Bagdad et reproche aux dirigeants impériaux d’avoir abandonné le jihad.
Les Fatimides décident d’attaquer. L’assaut se fait par mer et par terre. L’armée du général Jawhar, un ancien esclave, campe sur le plateau de Guizèh. Un accord est passé entre les civils égyptiens et les Fatimides. Jawhar accepte l’Aman, c’est-à-dire la sauvegarde des vies et des biens des vaincus. Il accepte, en outre, le maintien des fonctionnaires et des écoles de droit religieux d’obédience malikite et safihite. Les vainqueurs renoncent à « l’ismaélisation » de la société égyptienne.
Les militaires égyptiens refusent l’Aman et veulent se battre. Une émeute éclate à Fustat. L’Aman est donc retiré et l’assaut est lancé. L’armée égyptienne est balayée en juillet 969.
Aussitôt, Jawhar décide la création d’Al Qahira (le Caire, qui signifie La Victorieuse) qui sera la nouvelle capitale. Les ralliements aux Fatimides vainqueurs se multiplient. Les fonctionnaires sont laissés en place mais souvent doublés par des fonctionnaires issus des rangs des vainqueurs. Contrairement à Fustat, le reste du pays résiste. La répression est féroce. Profitant de cette confusion, une révolte qarmate éclate en 971. Une coalition de Syriens sunnites, de qarmates et de turcs hirchidides attaquent le jeune pouvoir fatimide. Les assaillants atteignent Le Caire mais ils sont repoussés. Beaucoup de Qarmates s’installent dans le delta et se soulèvent à nouveau en 974.
En 975, Al Aziz est Calife-Imam d’Egypte. Il va régner jusqu’en 996. Peu à peu l’armée est réorganisée mais elle est le centre de tensions entre les Turcs et les Nubiens qui en viennent à se combattre en 1066. Les Turcs l’emportent l’année suivante et leur force commence à devenir une menace pour le califat, au point que le Calife fait appel au gouverneur de Palestine pour reprendre en main les affaires. Badi al Jamali, d’origine arménienne, arrive accompagné de milices. L’ordre est rétabli. Al Jamali devient Vizir et chef de l’armée. L’université d’Al Azhar est créée. Elle est un centre d’enseignement de l’ismaélisme.
Entre 996 et 1021, le Calife Al Hakim se lance dans une politique de persécution contre les non-ismaéliens. Il semble être très influencé par un proche, Hamza al Darazi qui va jusqu’à suggérer au Calife qu’il est d’essence divine ! On rapporte qu’Al Darazi entra, un jour, à cheval dans une mosquée et obligea les lecteurs du Coran à lire un texte proclamant que Al Hakim était Dieu. Des émeutes finissent par éclater. Al Darazi se réfugie en Syrie et y répand ses idées. Ses compagnons deviendront les Druzes.
Quant à Al Hakim, il est assassiné lors d’une de ses virées nocturnes affublé d’un déguisement.
En 1094, à la mort du Calife Al Mustansir, ses deux fils, Nizar et Al Must ‘Ali se disputent la succession. Nizar est emprisonné et exécuté. Ses partisans, les Nizarites, quittent l'Egypte et rejoignent leurs compagnons retranchés au sud de la mer Caspienne dans la forteresse d’Alamut ( Voir l'histoire d'Ibn Sabbah.) De là, depuis deux ans, est lancée une campagne d’assassinats politiques ordonnés par Hassan ibn Sabbah. Les auteurs de ces meurtres sont les fameux «Assassins».
L’anarchie va conduire le Vizir à faire appel à une armée extérieure. Nur al Din, fils de Zendgui, arrive en Egypte et prend le pouvoir en 1171. Le Califat Fatimide n’est plus. Salah ad Din (Saladin), fils d’un gouverneur kurde de Tikrit, rétablit l’autorité du pouvoir Abbasside sunnite en Egypte en épousant la veuve de Nur al Din. Dès lors le nouvel homme fort va entreprendre la contre-croisade destinée à refouler les Francs hors de Palestine et de Syrie.



Croisades, contre-croisades et jihad


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