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Les racines historiques du Kalâm sont à rechercher lors de la Fitna et également au cours d’une longue période à cheval entre l’empire omeyyade et l’empire abbasside.
Lors de la Fitna la question de la légitimité califale se posa ainsi que celle concernant la piété et l’impiété, la fidélité et l’infidélité des califes. De ce débat se dégagèrent trois tendances :
Les Kharijites qui considérèrent que Ali et Muhawiyya étaient illégitimes ;
Les Alides qui déclarèrent que seuls Ali et ses successeurs étaient légitimes ;
Les Murgi’a (ceux qui ajournent leur jugement) qui dirent que ‘Ali et Muhawiyya avaient commis une faute majeure MAIS que dans la mesure où ils continuaient à croire en Allah et en son Prophète, ils restaient musulmans et seraient jugés par Dieu lors du jugement dernier. Les Murgi’ annoncent les futurs Sunnites.
A partir de la question de la légitimité califale, se pose une nouvelle question : Celle du rapport entre la foi et les æuvres.
Les Kharijites établissent un lien indissociable entre les deux. La faute commise contamine la foi et auto exclue l’individu fautif de la Umma.
Les Murgi’a estiment, au contraire, que la foi est prioritaire et que, donc, même en cas de faute grave il n’y a pas automatiquement perte de la foi. Seul Dieu peut juger de la qualité de la foi intime.
La seconde période où va s’élaborer le débat théologique qui conduira aux fondements du Kalâm correspond à une époque à l’articulation des deux empires, omeyyade et abbasside.
D’abord à Damas, il y a confrontation entre Islam et Christianisme qui suscite de profondes réflexions : Comment articuler la volonté divine et le libre-arbitre ?
Au sein de l’Islam se dégagent deux courants, celui des Qadariyya et celui des Jabriyya. Les premiers considèrent qu’en dépit de la volonté divine l’homme a le pouvoir voulu par Dieu de conduire lui-même ses actes.
A l’inverse, les Jabriyya pensent que l’homme agit sous l’effet de la volonté de Dieu. De ce débat entre libre-arbitre et prédestination – débat que connaîtra plus tard le christianisme - émerge un courant de pensée qui traduit une forme de syncrétisme entre Islam et falsafa (philosophie) grecque.
Un débat très ouvert s’engage autour des questions rationnelles et de celles qui relèvent de la Révélation. Ce champ de réflexion philosophique et théologique est le Kalâm, c’est-à-dire la science du discours sur la parole divine. Plus tard, le terme de Kalâm recouvrira un champ plus large. Les spécialistes de ce débat sont les Mu’tazila.
Que signifie ce mot ? La racine arabe T Z L exprime à la fois la notion de séparation et l’idée de neutralité. L’école mu’tazilite est créée à Basra par Hasan al Basri et l’un de ses disciples Wâsil ibn ‘Ata (699-748). Parmi les mu’tazilites connus, citons l’écrivain Jahiz de Basra et Al Hayyt de Bagdad.
Au cours du 9ème siècle, le calife Al Mahmoud et ses deux successeurs vont soutenir les mu’tazilites. Ils vont même imposer l’épreuve (mikna) comportant la question de la création ou non du Coran.
Le calife Mutawakil met un terme à cette situation. Le mu’tazilisme est stoppé au profit de l’asharisme.
Ce n’est qu’en 1925 que l’on retrouvera un écrit mu’tazilite : le kitab al intishar de Al Hayyât.
En résumé, la pensée mu’tazilite s’articule autour de cinq principes :
L’unicité (al tawhîd)
La justice divine (al ‘adl)
La promesse et la menace (al wa’ad et al waîd)
La situation intermédiaire entre piété et impiété (al manzila bay’na al manzilatay)
Le commandement de rechercher le bien et de pourchasser le mal ( al ‘amr bil-ma’aruf wa an mahy’an al munkâr).
Les Mu’tazilites s’intitulaient « Les gens de l’unicité et de la justice divine (El Alh at-tawid wa-l’adl).
Nous ne développerons pas ici la théologie mu’tazilite. Disons simplement que l’anthropomorphisme de Dieu est absolument rejeté et que le principe de la radicale altérité de Dieu est proclamée. Enfin, une réflexion est menée autour de l’essence et des attributs de Dieu.
Point important, les mu’tazilites estiment que Dieu a créé le Bien et le Mal et que la raison humaine doit permettre de les reconnaître. Ils sont donc partisans de la notion de libre-arbitre.
Le mouvement de pensée initié par Ash’ari, qui est un transfuge du mu’tazilisme, et par Al Bâqillânî ainsi que Al Ghazâli et Juwainî se distingue du précédent sur quelques points essentiels :
Les attributs de Dieu sont incomparables avec ceux des hommes, ils sont incréés et l’on doit s’interdire d’aller au-delà d’un certain questionnement (principe du 'sans comment' ou 'bilâ kayf').
Le Bien et le Mal ne sont pas inscrits dans la nature des choses et ne sont donc pas identifiables par la seule raison de l’homme qui ne peut pas expliquer la volonté divine.
Sur la question de la création du monde, Ash’ari se réfère à la théorie atomiste des Grecs. La nature est composée d’atomes en réseau qui ne peuvent s’organiser entre-eux que par l’intervention de la volonté divine. Le monde n’est pas une substance immobile mais en continuelle création.
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