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Ibn Khaldun et le concept de 'Asabiyya

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Ibn Khaldun est connu notamment pour être l’auteur du « Livre des exemples » autrement intitulé « Mouqaddima » ( Que l’on peut traduire par introductions ou prolégomènes ). Dans la Muqaddima, que les orientalistes redécouvrent et traduisent au début du 19ième siècle, l’auteur expose une théorie du cycle de civilisation.. Ibn Khaldun est considéré comme un philosophe de l’Histoire et aussi comme un sociologue. L’Histoire porte sur l’étude des civilisations. Il fait preuve d’un réel esprit critique dans sa démarche et porte un regard de naturaliste en comparant la civilisation et la cité avec le corps humain. Son lexique emprunte beaucoup à la médecine arabe. Sa théorie du cycle est fondée sur le concept de la ’asabiyya (esprit de corps). Elle puise dans sa connaissance de la culture nomade des Arabes bédouins et des nomades Berbères (Sahanja, Zénata…) et d’autre part dans la civilisation sédentaire qui prend forme dans la cité. Son œuvre porte sur la rencontre de ces deux cultures. Du point de vue d'Ibn Khaldun ce lien crée la civilisation. Le Mulk (pouvoir royal) se constitue et il n’est pas incompatible avec le Khalifa dont il relativise la fonction. Le Mulk nait de la ’asabiyya dans la tribu puis va se sédentariser et se fondre dans la cité. C’est par exemple, le modèle Almoravide. Le concept de ’asabiyya se transforme pour donner naissance au Mulk puis finit par mourir. La ’asabiyya comporte également le lien de clientèle ainsi que le rapport de force pour s’imposer et la religion qui est un élément fédérateur très fort. Pour Ibn Khaldun, la ’asabiyya de la famille ou de la tribu va évoluer en ‘asabiyya supra tribale (confédération tribale) puis en ‘asabiyya dynastique de dawla lorsque le pouvoir s’installe dans la cité avec domination d’une famille en rupture avec la tribu. Apparaît alors la clientèle qui va être liée au souverain… Mais plus on va s’éloigner des origines et plus le système perd ses forces… La cité s’étend, le nombre de serviteurs augmente, les dépenses croissent... Le cycle arrive alors à son terme. Un nouveau cycle va lui succéder (par exemple les Almohades puis les Mérinides). L’auteur théorise sans proposer une solution car il semble troublé par la situation politique au Maghreb à son époque. Il est manifestement très influencé par la médecine de son temps qui repose essentiellement sur la notion et le rôle des humeurs. Ibn Khaldun ne se livre à aucune analyse de la religion et de la société religieuse tout en soulignant l’effet fédérateur (lien social). Il n’entreprend, par exemple, aucune théorisation du mahdi. La muqaddima souligne l’enjeu de la continuité du pouvoir en pays musulman. C’est une question centrale car il n’y a pas de culture sans continuité du pouvoir. Par ailleurs, il n’existe pas de cadre juridique musulman pour définir le droit de l’Etat car le droit islamique porte essentiellement sur les personnes et les biens. Plus tard, apparaîtra l’importance du nasab (lien du sang) chérifien afin de renforcer l’autorité de l’Etat.

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