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Les Seljukides

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Les Seljukides arrivent dans un monde musulman en plein désarroi. Il y a trois Califes rivaux (Cordoue, Fatimide et Abbasside). Une multitude de principautés autonomes et un pouvoir central qui ne détient plus la réalité du pouvoir depuis l'arrivée des Bouyides en 1048. Toutefois, le déclin est relatif au plan culturel. Ils vont reconstituer partiellement une unité du monde musulman, à l'exception des Fatimides, durant une brève période qui s'étend de 1055 à 1092.
Les Seljuks (ou Seljukides), dont le nom est tiré de l'ancêtre éponyme, sont un clan tribal turc appartenant à la confédération des Oghuz. Ils s'estiment nobles, d'où le titre de Khan. Leur père fondateur est Duqaq. Vivant en nomades à l'est de la Transoxiane, ils sont progressivement poussés vers l'ouest par des groupes rivaux. Leur marche les conduit aux limites de la Volga où se trouve l'état des Khazars, des Turcs sédentarisés et convertis au judaïsme. Les Seljuks, de religion chamaniste, se déroutent vers le sud et abordent l'empire Abbasside. Ils commencent alors à se sédentariser à partir de 960 sur les rives du Syr Daria dans et autour de la ville de Jand.
Les noms portés par certains d'entre eux laissent supposer des conversions au judaïsme et au nestorianisme.
La conquête de l'empire Abbasside par les Seljukides va s'opérer en plusieurs étapes successives. Ils pénètrent d'abord en Transoxiane où sont installés les Samanides, une dynastie persane musulmane, et les Karakhamides de Bukhara, d'origine turque et placés sous l'autorité des Ghaznavides d'Afghanistan. L'équilibre politique de la Transoxiane est rompu. Les Seljukides s'allient d'abord aux Samanides contre les Karakhamides qui sont vaincus en 1003 puis renversent les alliances en 1020 pour se retourner contre les Samanides. Ces derniers disparaissent de Transoxiane.
Les Seljukides quittent la région et pénètrent au Khurasan où ils se heurtent aux Ghaznavides avant de négocier avec eux l'autorisation d'implanter quelques milliers d'entre eux sur cette terre. Reçu à Samarkand par Mahmud de Ghazna, le chef Seljukide Arslan est arrêté et transféré en Inde où il meurt en 1032.
La disparition d'Arslan déclenche une guerre de succession dynastique dont les Karakhamides profitent pour chasser les Ghaznavides.
Le nouveau chef Seljukide, Toghni Khan, écrase les Ghaznavides à Merv en 1035 au Khurasan. Trois ans plus tard, Toghni Beg s'empare de Nichapur, la capitale de la province. La victoire de Dandanghan en 1040 signe l'emprise définitive des Seljukides sur le Khurasan où ils instaurent un système d'administration tribal consistant à répartir le pouvoir entre les différentes branches du clan placé sous l'autorité de Toghni Beg qui prend le titre de Sultan al Mu'azzan. Désormais, les Seljukides se posent à la fois en défenseurs de la foi musulmane de rite sunnite qu'ils ont embrassée et en prédateur potentiel des Abbassides.
La prise d'Ispahan en 1050 ouvre la route de Bagdad. Dans la capitale abbasside le Calife est placé sous le contrôle des Persans Bouyides. Ces derniers sont chiites et donc susceptibles de s'allier avec le califat rival Fatimide d'Egypte. Face à cette situation, le Calife décide de demander la protection des Seljukides sunnites.
Les nouveaux convertis entrent à Bagdad en 1055, en plein mois de Ramadan. Selon la règle, Toghni Beg fait allégeance (Bay'at) au Calife afin de s'assurer de la légitimité nécessaire pour exercer le pouvoir. Le Calife épouse une nièce de son nouveau protecteur qui demande, en retour, la main de la petite fille du Calife. Celui ci refuse. Toghni Beg épouse de force la jeune fille mais meurt en 1063 sans avoir eu d'enfant. Ses neveux vont donc lui succéder.
Alp Arslan prend les rênes du pouvoir qui est organisé selon le système clanique. Cette fragmentation du pouvoir constitue une faiblesse majeure de l'empire. Les dissidences se multiplient. En outre, de nouveaux groupes d'origine turque se pressent au nord du Khurasan et font peser une menace. Le principal groupe est celui des Turcomans ou Turkmènes. Alp Arslan tente de les détourner vers les frontières de l'empire byzantin, en Azerbaïdjan où vivent des Arméniens chrétiens monophysites hostiles à Byzance. Les Turkmènes acceptent de se tourner contre les Byzantins. L'attrait du butin achève de les convaincre. Ils vont progressivement se sédentariser et constituer ce qui deviendra plus tard la Turquie. Ils s'installent à Konya en 1068.
Alp Arslan, dont la capitale est Ispahan, n'a pas oublié l'engagement pris auprès du Calife d'engager la lutte contre les Fatimides du Caire. Il s'empare d'Alep en 1069 mais l'armée seljukide est attaquée sur ses arrières par les Byzantins conduits par Roman Diogène qui vient de prendre le pouvoir à Byzance. La bataille a lieu à Manazguid (ou Manzikert) en 1071. Les Byzantins sont défaits. Roman Diogène est capturé. Les Seljukides renoncent à poursuivre leur marche vers l'Egypte. L'arrivée des croisés Francs va constituer un " barrage " de fait entre l'empire Fatimide et les Seljukides.
En 1072 Malik Shah succède à Alp Arslan. La sécurité de l'empire implique le contrôle et la maîtrise de la Syrie. Avec des alliés Turcomans il s'empare de Damas où il place un " beg " nommé Atziz en 1076 qui, assez rapidement, va tenter de prendre son autonomie. Tutush, un frère de Malik Shah prend le pouvoir à Damas en 1078. Sa victoire sur un prince rival, Souleïman, devant Alep en 1087, lui assure le contrôle de la Syrie.
En 1092, le vizir Nizam al Mulk puis Malik Shah sont assassinés. Certains attribuent ces assassinats aux Ismaëliens d'Alamut, d'autres à une des épouses de Malik. Ces morts ouvrent une crise de succession. Sept prétendants sont sur les rangs dont Tutush et quatre fils du défunt. L'empire éclate en une fédération de principautés indépendantes. Les princes sont progressivement dépossédés de la réalité du pouvoir par des hommes forts qui prennent le titre d'atabeg. Ce sont eux qui vont affronter les croisés installés en Palestine.
En 1104, un atabeg fonde une dynastie, les Bourides, qui gouverneront jusqu'en 1154.
De même, Zengui fonde la dynastie des Zenguides à Alep.
Malgré son instabilité dynastique, le pouvoir seljukide investi de la légitimité califale a réussi à maintenir et à renforcer globalement l'empire abbasside sunnite grâce, essentiellement, à la puissance de l'armée. Toutefois le système de l'iqta destiné à financer cette puissante institution par le biais de concessions fiscales foncières confiées aux chefs militaires a eu pour effet de réduire les ressources du pouvoir central et de l'affaiblir. Cette situation ressemble à la féodalité d'Occident.
Les guerres puis les victoires contre les croisés vont, par ailleurs, favoriser un glissement progressif de la culture arabe vers l'Ouest, de Bagdad vers Le Caire.
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